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L’Institut ANALGESIA continue d’innover contre la douleur. En marge de son application e-santé, eDOL, qui permet le suivi au quotidien des patients douloureux chroniques, ANALGESIA étudie la possibilité d’inclure la réalité virtuelle dans ses projets de soins et de recherche en tant que thérapie alternative.

Lors du Workshop organisé par l’Institut le 4 avril 2019, le sujet de l’innovation digitale dans le domaine de la douleur a été largement discuté, et le développement de la réalité virtuelle comme nouvel outil thérapeutique a été particulièrement mis en avant.

En parallèle des sujets traités en plénière durant cette journée, l’Institut ANALGESIA a pu interviewer les intervenants et participants du Workshop. Une série de vidéos a pu être réalisée afin d’expliquer plus en détails l’impact potentiel de ce dispositif.

Découvrez tout d’abord l’interview de Jean-David Béroard, co-fondateur de Deepsen, qui explique les apports de la réalité virtuelle sur l’anxiété et la douleur et donne un exemple d’utilisation de cet outil.

Nicolas Kerckhove, chef de projet clinique au CHU de Clermont-Ferrand et à l’Institut ANALGESIA, délivre ensuite son ressenti après avoir testé une séance de réalité virtuelle aux propriétés antalgiques, et évoque notamment l’immersion dans un nouvel univers provoquée par cette séance.

Enfin, Lucie Bihel, interne en médecine au CHU de Clermont-Ferrand, explique comment la réalité virtuelle pourrait être incluse dans le parcours de soins des patients douloureux et quels bénéfices ce traitement pourrait avoir.

 

Vous pouvez retrouver toutes nos vidéos sur notre chaîne Youtube !

Digital & nouvelles technologies : des solutions pour demain contre la douleur ? C’est la question qui a été développée lors du Workshop « Innovation contre la Douleur » de l’Institut Analgesia, organisé dans le cadre de la Clermont Innovation Week. Les intervenants, provenant de différents secteurs de la santé et de la recherche, ont pu présenter de nombreux projets innovants lors de cette journée du 4 avril.

Le professeur Alain Eschalier et Alice Corteval, de l’Institut Analgesia, lors de leur intervention

Après le mot d’accueil et le discours de présentation du Pr Alain Eschalier, président de l’Institut Analgesia, le workshop a débuté par la présentation de Célian Bertin, chercheur au laboratoire NEURO-DOL et membre de l’OFMA, l’Observatoire Français des Médicaments Antalgiques, sur l’usage et le mésusage de la codéine, via une analyse des réseaux sociaux. Cette étude a notamment analysée la fréquence de messages retrouvés parlant de ces deux aspects sur des forums de santé et de conseils médicaux comme Doctissimo, grâce à l’outil Detec’t, qui extrait des données des réseaux sociaux. Cette nouvelle méthode d’analyse permettrait d’aider à l’identification des signaux de détournement de l’utilisation de la codéine, chose particulièrement importante en contexte de menace de crise des opioïdes en France.

Alice Corteval, directrice de l’Institut Analgesia, a ensuite présenté le projet phare d’Analgesia, l’application eDOL. Cette application, conçue en partenariat avec la société Bepatient et destinée aux patients douloureux chroniques, permet un suivi patient plus régulier par le médecin, de part l’analyse quotidienne de la douleur et de son impact, mais permet aussi de faire devenir le patient acteur du soin. C’est donc une vraie amélioration du parcours de soin du patient qui est visée. De même, cette interface a aussi pour but de connecter tous les acteurs, qu’ils soient patients, soignants ou chercheurs, afin de développer la recherche autour de la douleur chronique. Dans cette optique, l’utilisation et l’analyse des Big Data recueillis ainsi que la participation du réseau de centres experts contre la douleur sera primordiale.

Après une rapide présentation du data mining et du machine-learning, Violaine Antoine, Maître de Conférence au LIMOS, a fait un focus sur les approches qui vont être appliquées sur les données collectées via le programme eDOL. Elle a également présenté les challenges importants qui pourront être relevés grâce à une collaboration étroite entre les chercheurs du LIMOS et les experts cliniques de l’Institut Analgesia (gestion de la variabilité inter- et intra-individus, gestion de données subjectives et objectives…).

La matinée s’est conclue par l’intervention de Tanguy Perrin, co-fondateur de la société Deepsen, spécialisée dans l’évaluation et le traitement de la douleur et l’anxiété par réalité virtuelle. Ce type de traitement, qui pourrait se développer comme une vraie alternative à la prescription de médicaments antalgiques par exemple, se veut être personnalisable et adaptable aux besoins et désirs des patients, qui pourront d’ailleurs l’utiliser de manière autonome, sans l’aide d’un soignant. Plusieurs effets positives sur la douleur et l’anxiété ont déjà été observés grâce à cette outil, et un projet en commun avec l’application eDOL, est en cours de réflexion. Une séance test de réalité virtuelle aux vertus antalgiques a d’ailleurs été proposée aux participants du workshop.

Tanguy Perrin, fondateur de Deepsen et les participants essayant les casques de réalité virtuelle

C’est Damien Talbot, de l’IAE Clermont-Auvergne et du Clermont Recherche Management (ClerMa) qui a lancé les interventions de l’après-midi en présentant une étude visant à comprendre la structuration d’un territoire de santé via une approche par les Big Data. La question du recours à un centre hospitalier plutôt qu’à un autre dans un territoire a été discutée, et la notion de  » proximité perçue », particulièrement importante dans ce choix, a été expliquée.

Sylvie Rousset, de l’UNH Inra, a ensuite présenté l’application mobile WellBeNet, une application de recherche qui évalue les modes de vie. Grâce à ces différentes outils, l’application analyse l’activité physique et les mouvements effectués, mais aussi l’alimentation, les portions prises de différents aliments et leur apport et enfin les émotions et perceptions, qu’ont les utilisateurs de leur corpulence par exemple.

Enfin, Ludovic Samalin, du CHU de Clermont-Ferrand et de la Fondation Fondamental, a abordé le sujet des outils digitaux dans l’accompagnement aux patients atteints de maladie mentale, avec notamment une présentation des différentes applications mobiles en projet en France. L’interface MoodBuster et l’application Dépression, qui aident le suivi des patients dépressifs par les médecins, et l’application SIMPle, destiné aux patients bipolaires, ont été présentées au public.

Pour clore le workshop, Alban Van Landeghem, de l’entreprise Dassault Systèmes, a délivré une analyse des problèmes d’éthiques liés à l’utilisation d’outils digitaux et de partage de données en santé. Les questions d’utilisation de données privées, de cyberprotection et de limites quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle ont notamment pu être abordées et débattues lors d’une table ronde organisée en fin de présentation dont Jean-Étienne Bazin a été modérateur.

Jean-Étienne Bazin, Alban Van Landeghem et le Professeur Nicolas Authier lors de la table de ronde sur l’éthique en e-santé

L’Institut Analgesia tient à remercier tous les intervenants et participants à cette journée riche en échange et partage !

À l’occasion de la Clermont Innovation Week 2019 #CIW19, l’Institut ANALGESIA, en partenariat avec les autres clusters et pôles clermontois, a organisé une soirée Speed Meeting, le 1er avril 2019 à Clermont-Ferrand.

Ce Speed Meeting avait pour but de rassembler des personnes provenant de différents horizons et secteurs d’activités, afin de les faire se rencontrer et de créer de potentiels liens, voir des futures collaborations autour de projets innovants. Une quarantaine de participants se sont prêtés à l’exercice des rencontres chronométrées (3 minutes seulement pour se présenter), et ont pu développer de nouvelles relations professionnelles.

Les nombreux domaines d’excellences et d’innovations du territoire comme l’industrie, la santé, les industries culturelles et créatives mais aussi la thématique du digital étaient représentés lors de cette soirée. La thématique de la douleur a aussi été abordée et présentée par des membres de l’Institut.

Nous tenons à remercier les autres clusters clermontois pour leur collaboration et l’organisation de cette soirée plus que réussie !

Digital League, Viaméca, Le Damier, Cara, Axéléra, Innovatherm, Céréales Vallée-Nutravita et E-Cluster

 

L’Institut ANALGESIA, 1ère fondation de recherche dédiée à l’innovation contre la douleur, basée à Clermont-Fd, compte désormais la fondation EDF et EDF comme nouveaux mécènes.
Ce soutien est porté spécifiquement au projet e-santé eDOL, développé par l’Institut ANALGESIA, dont l’objectif est d’accompagner au quotidien les patients douloureux chroniques.

Aujourd’hui, la douleur chronique affecte environ 20% des adultes et jusqu’à 50% des personnes âgées. Parce qu’elle impacte profondément la qualité de vie, cette pathologie constitue une source majeure de handicap pour des millions de patients en France et dans le monde.

Ainsi, le projet eDOL est né de la volonté de l’Institut ANALGESIA de répondre à cet enjeu par la e-santé. Ce programme, unique en son genre dédié à l’évaluation et la gestion de la douleur chronique, est porté sur l’utilisation d’une application mobile pour les patients douloureux chroniques et d’une plateforme internet pour les soignants pour mieux analyser la plainte douloureuse et optimiser la prise en charge des patients.

C’est dans le prolongement de l’engagement du groupe EDF et de ses valeurs que la fondation EDF a souhaité contribuer à l’action de l’Institut ANALGESIA en soutenant son projet e-santé eDOL.
Le soutien financier de la fondation EDF d’un montant de 150 000€ complété par un mécénat de compétences de la direction R&D d’EDF, est à la hauteur de l’ambition du projet puisque celui-ci va permettre la réalisation d’une étude clinique d’envergure nationale.

Lors d’une conférence de presse qui a eu lieu le vendredi 08 mars 2019 à Clermont-Ferrand, le Pr Alain ESCHALIER, Président de l’Institut ANALGESIA a rappelé le contexte de ce projet, Hervé POHER, Délégué Territorial EDF Auvergne les raisons qui ont conduit la Fondation à retenir le projet, et Jean Paul CHABARD, Directeur Scientifique de la R&D d’EDF a présenté les domaines d’appuis du mécénat de compétences dont l’Institut ANALGESIA bénéficiera.

Un immense merci pour ce soutien de taille au projet eDOL !

Réunion scientifique en présence des membres du LIMOS (Laboratoire d’Informatique, 
  de Modélisation et d’Optimisation des Systèmes), partenaire du projet, pour parler BigData, Machine Learning… autour du projet e-DOL
Pr Alain Eschalier, Président de l’Institut ANALGESIA, M. Hervé Poher, Délégué Territorial EDF Auvergne et M. Jean-Paul Chabard, Directeur Scientifique de la R&D d’EDF sur les ondes de la radio RCF pour parler du projet eDOL

Retombées presse

 

Dans le cadre de la Clermont Innovation Week, les équipes de l’Institut ANALGESIA sont heureuses de vous convier à la 2ème édition de leur workshop innovation contre la douleur sur le thème :

Digital & nouvelles technologies : des solutions pour demain ?

Jeudi 04 avril 2019
de 10h à 16h
à la faculté de Médecine de Clermont-Fd (Amphithéâtre – Bât 3C)

L’essor de la e-santé et des technologies digitales ouvrent de nouvelles perspectives pour l’évaluation et le traitement de la douleur.

Big data, algorithmes, machine learning, réalité virtuelle, capteurs… autant d’approches qui pourraient permettre de mieux comprendre les patients et de personnaliser leur prise en charge.

Venez découvrir des programmes innovants et échanger avec ceux qui les portent.

L’inscription en ligne est gratuite mais obligatoire avant le 2 Avril 2019 : https://bit.ly/2IPxelt

Plus de renseignements via : contact@institut-analgesia.org

 

En partenariat avec la SFETD (Société Française d’Etude et Traitement de la Douleur), la fondation Institut ANALGESIA renouvelle en 2019 son appel à projet « starter » d’un montant de 15 000 €.

Ce prix doit permettre à une équipe qui souhaite développer une thématique de recherche translationnelle dans le domaine de la douleur, d’acquérir ou de compléter des résultats préliminaires qui lui permettront ensuite de candidater à des appels à projet compétitifs (ANR, PHRC, PIA, H2020…).

La dotation sera versée en une seule fois suite à l’acceptation du projet. Elle pourra financer tous types de dépenses, en accord avec le budget présenté dans le dossier de candidature.

Calendrier
– Date limite d’envoi des candidatures : 11 Mai 2019 à minuit
– Annonce du projet lauréat : 29 Novembre 2019, lors du Congrès SFETD

Télécharger le dossier de candidature : http://www.sfetd-douleur.org/appels-doffre-sfetd

Pour toutes questions concernant cet appel à projet, contactez-nous via : contact@institut-analgesia.org

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L’ Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient de publier un rapport faisant l’état des lieux de la consommation des antalgiques opioïdes et leurs usages problématiques en France.

À l’origine d’une crise sanitaire majeure aux États-Unis, cette catégorie de médicaments regroupe tout ceux dont le principe actif agit sur les mêmes récepteurs cérébraux que la morphine (tramadol, codéine, poudre d’opium, oxycodone, fentanyl, etc.). Entraînant une forte dépendance, ces antidouleurs très puissants ont un potentiel d’abus élevé. Correctement utilisés la plupart du temps, ils font toutefois l’objet d’usages problématiques, qui peuvent aller jusqu’à des overdoses mortelles.

Aux États-Unis, les dommages sanitaires qu’ils occasionnent sont tels qu’on les tient en grande partie pour responsables de la grave crise des opioïdes qui frappe le pays. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, les opioïdes sur prescription sont responsables de plus de 17 000 décès annuels par overdose accidentelle, et plusieurs millions d’Américains seraient désormais dépendants à ces composés. À l’origine de cette situation dramatique, des prescriptions excessives et inadaptées de fentanyl et d’oxycodone, accompagnées d’une promotion pharmaceutique mal maîtrisée par les autorités sanitaires américaines.

Or, en France, les prescriptions d’antidouleurs opioïdes sont en augmentation. Actuellement, 17 % des Français reçoivent chaque année au moins une délivrance remboursée de ces médicaments. Conséquence : les premiers signaux d’une potentielle crise sanitaire commencent à poindre. Comment éviter que celle-ci ne devienne similaire à celle qui fait rage en ce moment de l’autre côté de l’Atlantique ?

Des médicaments de plus en plus consommés

Le constat de l’Agence du médicament est clair : les opioïdes dits « faibles » (codéine, tramadol, opium) sont particulièrement prescrits dans notre pays. Leur usage concerne environ 11 millions de Français.

Si le retrait de l’association dextropropoxyphène/paracétamol en 2011 a fait reculer leur consommation globale, celle des autres opioïdes faibles a fortement augmenté depuis. Les opioïdes faibles sont aujourd’hui dix-huit fois plus utilisés que les opioïdes forts (morphine, oxycodone, fentanyl). Or, s’ils sont moins puissants, les risques de mauvais usage sont comparables. Le tramadol est l’antalgique opioïde le plus consommé (+68 % entre 2006 et 2017).

En 2017, un million de Français ont reçu une délivrance d’un antalgique opioïde fort soit deux fois plus en 12 ans. C’est l’oxycodone dont la progression est la plus forte (+738 % entre 2006 et 2017).

Oxycodone et fentanyl sont particulièrement concernés par les hausses de prescriptions d’opioïdes forts, or le mésusage de ces deux médicaments a été à l’origine de la crise des opioïdes aux États-Unis.

Chouki Chenaf, médecin de santé publique et pharmacologue, présente l’évolution de l’usage des antalgiques opioïdes en France depuis 2004.

Intoxications, dépendances et overdoses en hausse

Reprenant les travaux de l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA), l’ANSM rapporte que le nombre d’hospitalisations consécutives à des overdoses d’antalgiques opioïdes obtenus sur prescription médicale a augmenté de 167 % entre 2000 et 2017. Entre 2000 et 2015, le nombre de décès liés à la consommation d’opioïdes a augmenté de 146 %, soit au moins au moins 4 décès par semaine.

De même, les déclarations de pharmacovigilance pour des intoxications aux antalgiques opioïdes ont augmenté de 198 % entre 2005 et 2016. Pour l’année 2016, les trois substances les plus impliquées dans ces intoxications étaient le tramadol, la morphine puis l’oxycodone.

Évolution des overdoses opioïdes en France. OFMA

L’analyse des données collectées par le réseau français d’addictovigilance indique que la part des cas liés aux antidouleurs opioïdes a plus que doublé entre 2006 et 2015. Le tramadol est le premier antalgique opioïde rapporté dans les notifications d’usage problématique, les décès liés aux antalgiques et les falsifications d’ordonnances.

Les cas rapportés par l’ANSM concernent toutes les substances opioïdes antalgiques. Ils touchent majoritairement des femmes qui consomment initialement un antalgique opioïde pour soulager une douleur, puis développent une dépendance primaire à leur traitement.


À lire aussi : Antidouleurs opioïdes : vers une crise sanitaire en France ?


Les mesures proposées pour prévenir une crise française

S’appuyant sur une journée de la commission des stupéfiants et psychotropes tenue en mai 2017, l’ANSM propose dans son rapport une série de mesures destinées à améliorer le bon usage de ces médicaments.

Ces actions s’inscrivent dans une réflexion plus large d’un plan d’action national sur les surdosages liés à la consommation des opioïdes : antalgiques, médicaments de substitution (méthadone et buprénorphine haut dosage) et illicites (tels que les fentanyloïdes de synthèse ou l’héroïne). Il s’agira notamment

  • de renforcer la formation des professionnels de santé sur la prescription et la délivrance des antalgiques opioïdes. Cela implique non seulement d’assurer un niveau de connaissance minimum lors de la formation initiale, pendant les études, mais aussi, compte tenu du nombre de prescriptions chaque année, de maintenir cette compétence pour les médecins en exercice.

  • d’améliorer le parcours de soins. La dimension psychique de la douleur chronique devra être mieux prise en compte, afin de faciliter les prises en charge non médicamenteuses (psychothérapie, hypnothérapie, kinésithérapie, neurostimulation…). Le risque de mésusage devra également être systématiquement repéré avant et en cours de traitement, tout comme les risques d’abus et de dépendance. La pertinence du traitement sera par ailleurs fréquemment réévaluée, pour envisager rapidement son arrêt en cas d’inefficacité. Enfin, une réflexion devra être menée sur les modèles de prescription des antidouleurs opioïdes dans le cadre des hospitalisations à domicile et de la chirurgie ambulatoire.

  • d’améliorer la diffusion de l’information auprès des professionnels de santé et du public. L’ANSM s’appuie sur l’exemple du document récemment édité par l’OFMA afin de promouvoir le bon usage des antidouleurs auprès des usagers. Une meilleure diffusion des recommandations des sociétés savantes auprès des prescripteurs est également souhaitée, aussi bien à l’hôpital qu’en médecine de ville. En 2018, Le réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions, en partenariat avec l’OFMA, avait pour cela consacré ses rencontres annuelles à ce sujet (ce qui s’était concrétisé par la publication d’un livret destiné aux prescripteurs). L’ANSM encourage aussi un partage des connaissances et des compétences via le développement des échanges interdisciplinaires entre tous les professionnels de santé.

  • de mieux prendre en compte les risques de mésusage : l’élaboration de recommandations sur le bon usage des opioïdes dits « faibles » est fortement encouragée. De même, une attention doit être portée aux comportements d’automédication familiale, pour mieux cibler les messages de réduction des risques auprès des usagers. Enfin, elle évoque le fait de prendre en compte le risque de dépendance et de mésusage dans l’évaluation par la Haute Autorité de Santé du service médical rendu par ces médicaments (celui-ci détermine notamment le taux de remboursement), ainsi que de l’amélioration du service médical rendu (laquelle conditionne la fixation du prix de vente).

  • Mettre à disposition des patients la naloxone. Cet antidote des overdoses aux opioïdes était initialement destiné aux usagers de drogues opioïdes comme l’héroïne. L’ANSM prone un accès plus large à ce traitement d’urgence pour les patients traités par antidouleurs opioïdes.

Comment bien prendre son traitement antidouleur opioïde ?

Éviter la crise en continuant à lutter contre la douleur

Les signaux enregistrés par l’ANSM montrent qu’une crise des opioïdes française pourrait être en train d’émerger. Son ampleur est néanmoins encore loin de celle de la crise nord-américaine, et sa prévention doit donc être une priorité de santé publique. Comme le souligne Nathalie Richard, directrice adjointe au sein de l’ANSM

« L’exemple tragique de la crise des opioïdes américaine incite la France à accroître sa vigilance et à mettre en place des mesures préventives »

Pour parvenir à éviter l’emballement, les conditions de prescription, voire de délivrance, des médicaments opioïdes pourraient être rediscutées. Ainsi, le Professeur Frédéric Aubrun, président de la Société française d’étude et de traitement de la douleur, propose de « limiter le nombre de comprimés délivrés notamment pour des douleurs aiguës ou post-opératoires, voire insérer un pictogramme informant sur le risque de dépendance ».

Il faut néanmoins que la nécessité absolue de soulager correctement la douleur, aiguë ou chronique, demeure au centre des préoccupations.

L’ANSM n’affirme pas autre chose, en rappelant que « l’amélioration de la prise en charge de la douleur constitue toujours une priorité de santé publique en France », et que « la mise à disposition et l’utilisation plus larges des médicaments antidouleurs opioïdes dans le traitement de la douleur ont grandement contribué à l’amélioration de cette prise en charge », notamment pour les malades soufrant du cancer ou dans des situations de douleurs post-opératoires.

Toutefois, comme le fait remarquer le Dr Jean Michel Delile, président de la Fédération Addiction

« Ces médicaments ont un rôle limité dans le traitement des douleurs chroniques non cancéreuses et présentent de réels risques de complications graves dont les surdosages. »

D’autres options pharmaceutiques doivent donc être explorées. C’est le rôle de la recherche scientifique.

Au-delà de la prévention, quelles innovations pharmaceutiques ?

Trois équipes françaises consacrent actuellement leurs efforts à mettre au point des alternatives moins risquées aux antidouleurs opioïdes. Deux des pistes explorées impliquent des substances opioïdes fabriquées par notre organisme, les enképhalines, véritable morphine endogène.

Des travaux ont montré que cette dernière pouvait être atténuée si l’on empêchait la dégradation des enképhalines. Des inhibiteurs de cette dégradation pourraient donc être utilisés comme antidouleurs. L’autre possibilité serait d’administrer les enképhalines sous forme de nanomédicaments.

Enfin, une troisième stratégie, différente, consiste à développer de nouveaux candidats-médicaments destinés à activer spécifiquement l’un des récepteurs impliqués dans l’efficacité de la morphine, mais pas dans ses effets indésirables.

Nicolas Authier, Médecin psychiatre, professeur, Université Clermont Auvergne

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Le projet eDOL a débuté il y a près de 2 ans, de la volonté de l’Institut ANALGESIA de développer avec son réseau de Centres Experts Douleur Chronique, un outil e-santé au service des patients. La 1ère version de l’application eDOL a vu le jour à l’automne 2018.

Cette version 1.0 inclut les premiers modules qui permettront de caractériser les multiples dimensions de la douleur et d’optimiser le suivi des patients.  Elle fait aujourd’hui l’objet d’une étude de faisabilité qui a démarré en février 2019 au sein des 13 Centres Experts Douleur Chronique (Centres Antidouleur), membres du réseau de l’Institut ANALGESIA.

Ainsi, plus de 300 patients volontaires vont ainsi tester ce programme pendant 6 mois.

eDOL, c’est quoi ?
eDOL est un outil e-santé destiné au suivi de toutes les douleurs chroniques. Il se présente sous la forme d’une application mobile pour les patients, complétée d’une plateforme internet pour les soignants. Il s’agit d’un outil hybride soin/recherche, c’est-à-dire destiné aux patients, aux soignants et aux chercheurs.

Dans le cadre de la Semaine de Sécurité des Patients 2018,  l’Institut ANALGESIA s’est associé à l’OFMA (Observatoire Français des Médicaments Antalgiques), membre de son écosystème, pour créer un fascicule à destination des usagers. Ce document regroupe des messages essentiels pour assurer l’efficacité et limiter les risques des principaux médicaments antidouleurs.
Vous pouvez retrouver des conseils / rappels simples d’utilisation du paracétamol, de l’ibuprofène et des opioïdes.

Le congrès de la SFETD 2018, qui s’est déroulé à Lille du 14 au 16 novembre, a notamment été marqué par la remise du prix starter « ANALGESIA / SFETD 2018 » de 15 000€ par le Pr Alain Eschalier, Président de l’Institut ANALGESIA à Monsieur Koichi Hagiwara.
Le lauréat appartient à l’équipe Inserm U1028 – NeuroPain, basée à Lyon. Rappelons que l’Institut ANALGESIA a pour mission de soutenir les jeunes chercheurs à développer des projets de recherche innovants dans le domaine de la douleur !

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